Les emplois verts sont-ls trop chers ? Bernard Maris - économiste
Par Michel, mercredi 7 avril 2010 à 15:21 :: General :: #183 :: rss
Une bonne nouvelle ce matin, l’économie verte, ça existe, et ça crée des emplois, des emplois verts. Par exemple on a essayé de calculer le nombre d’emplois créés suite à une réduction des émissions de CO 2 de 30% à horizon 2020 : on arrive à une création nette de 620 000 emplois. Je dis bien nette. C’est le Cired, le centre international sur l’environnement et le développement, qui propose ces chiffres. Le Cired est lié à l’Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales et au CNrS. Des gens sérieux.

Et des emplois sont détruits
Des emplois sont détruits dans l’automobile, mais beaucoup plus sont créés dans le bâtiment par exemple. C’est d’ailleurs le bâtiment qui sera le plus gros créateur d’emploi, et c’est une bonne chose, car les activités du bâtiment ne sont pas facilement délocalisables. Et le secteur du bâtiment vert est un secteur qui devrait engendrer beaucoup de vocations d’artisans : là encore, il s’agit d’emplois non délocalisables. Même certains redoutent l’arrivée du plombier polonais vert... Remarquons que tout emploi est susceptible de verdir : un vendeur de chaudières au bois est vert, un vendeur de chaudières au fioul est noir. Un vendeur de scooter est noir, un vendeur de scooter électrique est vert. Mais les métiers ne sont pas franchement différents. En plus, on devrait promouvoir la filière bois, sachant que la forêt est un des atouts de la France. Conclusion : L’emploi vert est très diversifié. Il y a aujourd’hui environ 400 000 emplois verts en France.
Et du coté de l’énergie
Du coté de l’énergie, l’éolien et le solaire seront de gros fournisseurs d’emplois. L’éolien c’est 7 à 8000 emplois, et l’industrie française progresse : le premier fabricant de roulements d’éoliennes est français, EADs est en train de s’installer sur le marché des pales. Si les objectifs du Grenelle de l’environnement sont respectés, le nombre d’emplois devait être multiplié par 6 d’ici 2020. Mais le problème de l’éolien c’est plutôt la fronde parlementaire emmenée par le député Ollier, avec des amendements au Grenelle de l’environnement qui, s’ils sont votés, empêcheront l’extension du parc des éoliennes. Le Grenelle de l’environnement prévoit que l’énergie renouvelable pèsera 23% de l’énergie totale d’ici 2020.
Pourquoi en veut-on à l’éolien ?
Il paraît que ce n’est pas esthétique. C’est une farce. Quand on voit la beauté des centrales nucléaires ou des lignes à haute tension. La vérité c’est que le Grenelle de l’environnement impliquera, si ses objectifs sont atteints, plus de 400 milliards d’euros d’investissement... C’est beaucoup. Certains ont peut être envie de récupérer ces sous. Veut-on ou non sauver ce Grenelle ? Telle est la question.


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